Se sentir comme au nouvel An parmi les Russes
septembre 30, 2007
C’est à peu près l’effet que le show de Beirut m’a donné hier. Le public de la Sala Rossa était incroyablement extatique devant le groupe qui semblait surpris devant la réponse si démonstrative du public. Les gens chantaient forts, levaient leurs bières au ciel, tapaient du pied, tapaient des mains, criaient. C’était beau. C’était merveilleux. On peut aussi officiellement déclarer qu’il manque de trompettes dans nos vies. Jamais vu des gens réagir autant au bruit d’une trompette. L’avenir est dans la trompette je crois.
Avec leur musique d’Europe de l’Est, leur chanteur qui parle français avec un accent délicieux et qui chante le poing haut dans les airs tel un garçon ivre (qu’il n’était pas, c’est pour l’image) dans une chanson à répondre, Beirut a tout pour conquérir le coeur de tous.
Ils ont fini leur spectacle au milieu de la foule sur le plancher et tout ce que je voyais, c’était des trompettes au-dessus des têtes.
Ça m’a fait un bien fou ce show-là. Ça a fait du bien à mon petit coeur éclopé.
Mais avouons, comment ne pas fondre devant cela?Un petit vidéo fait après le tournage d’un vidéoclip…
Ça y est
septembre 29, 2007
Il est décédé ce soir.
Never ending story ou comment écrire un post mélodramatique
septembre 28, 2007
Cette semaine, mon grand-papa a fait un deuxième ACV. Après un premier ACV, la perte d’équilibre, la perte de la vue, le régime strict, la perte de mémoire, je ne vois pas ce que la malchance pourrait apporter de plus. Son état était stabl, mais on devait le faire passer en évaluation.
Il était donc 13h quand mon frère Numéro 1 m’a appelé pour me dire que c’était pas mal là où jamais pour aller voir mon grand-père. Je quitte le boulot et je pars pour l’hôpital Le Gardeur. On arrive là-bas et j’ai l’impression d’assister au remake du décès de ma mère. Les mêmes personnes autour du lit, le même malaise, cette respiration difficile en fond sonore. La mort, je ne la connais que de cette manière, longue et pénible. Je quitte souvent la chambre, la nausée me prend à la gorge, le bruit est insupportable. Mon grand-père est dans un coma qui semble durer une éternité. Et ça fait trois ans que je crois qu’il s’agit de son dernier Noël et à chaque fois, il en vit un autre. La mort, je la connais aussi que de cette manière, on m’y prépare des années durant, mais le jour où c’est définitif, j’arrive pas à y croire.
J’ai passé douze heures à me promener de la chambre, à la salle de repos des soins palliatifs, au café, à dehors. Je ne sais pas comment je me sens. Je sais qu’il va mourir et que je n’y serai pas. Peut-être cette nuit quand je vais aller me coucher, peut-être qu’il va mourir à 5h43 ou peut-être samedi. J’ai juste envie que ça se finisse, que ma grand-mère puisse dormir enfin.
Mon frère numéro 2 et sa copine sont arrivés à 1h du matin, directement descendus de l’avion qui les avait kidnappés trois mois sur une île dans le St-Laurent. J’ai pleuré en les voyant, je m’ennuyais vraiment d’eux. Je pleurais devant le lit d’hôpital, je pleurais en serrant le bras de ma belle-soeur. Je suis fatiguée. Je suis pas capable de dealer avec rien.
Il est quatre heures du matin, je suis épuisée mais j’ai pas envie de dormir. J’aurais juste envie de serrer quelqu’un fort, juste pour dire, juste pour faire du bien.
Même les choses que l’on sait le mieux pour soi et pour les autres, ne sont pas toujours faciles à accepter.
En espérant juste qu’il parte en paix.
Je raye les dates sur mon calendrier
septembre 25, 2007
Plus que 28 jours avant mon départ. Joie sans fin, confettis et pinatas. Ça a même plus de sens comment je vois ce voyage comme la lumière au bout du tunnel. Je veux boire tard dans la nuit, manger des tapas, fumer des cigarettes sur des bancs de parcs en ne comprenant pas les gens qui parlent autour, je veux commander des cafe con leche, je veux danser dans les rues avec Mimi, je veux rire trop fort parce que je suis saoûle, je veux photographier des vieux espagnols qui parlent aux oiseaux, je veux voir du flamenco.
Je perfectionne aussi mon espagnol avec des trucs idiots : (Il aurait fallu que ça soit un beau muchacho à la place de la fille)
Et je regarde des vidéos de “I’m from Barcelona” ce groupe suédois qui n’a pas grand chose d’Espagnol :
Seigneur… (si seulement il existait)
septembre 25, 2007
Un shooting exceptionnel doublé d’une malchance exceptionnelle sur fond de semaine folle et sans répit. Une tête qui doit travailler avec un coeur qui veut quitter le pays. Je ne sais plus où donner de la tête alors je me fais des to-do listes qui n’en finissent pas. Et je ne veux qu’être ailleurs, là où tout est simple. Me reposer la tête. Me reposer le corps. Dormir pour de vrai. Ne plus être angoissée. Être loin, être bien dans ma tête.
Ça commence à être trop dingue pour une seule personne ma petite vie.
Ma consolation de la semaine : Beirut samedi soir prochain. Quoique j’ai encore personne avec qui y aller. Je devrais faire un concours du genre : “Payez votre billet et courez la chance de m’accompagner”.
Il y a du cheveu ici ce soir
septembre 23, 2007
Dans la lignée “Julie va voir des shows alors qu’elle a plein de choses à faire, mais que ses billets de shows sont achetés depuis bien longtemps”, j’ai été voir Devandra Banhart au National ce soir.
Dis-moi Julie, comment c’était?
Soyons clairs dès le départ, ce show s’inscrit facilement dans mon top 5 des shows de l’année. Un show généreux où Devandra mêle ses chansons, les compositions de ses musiciens, une performance live d’un inconnu dans la foule. Au visuel, on avait des moves de bassin et des cheveux très longs qui compensaient pour les spots trop souvent dans nos pauvres yeux de jeunes brebis en transe.
C’était un bref aperçu à un show des années 70, la drogue en moins. Un clin d’oeil à ces années, dans mon imaginaire à moi, où on jouait pour la musique et pour rien d’autre. Pas de faux-semblant, pas de on veut être autre chose que soi. Non. Autant ses chansons plus tranquilles étaient magnifiques, autant ses chansons hippies funky sont délicieuses. J’ai juste envie de tout acheter sa discographie, de m’acheter une jupe en lin et de gambader dans les parcs municipaux quand le soleil se couche sur Montréal.
Je vous le dis, ça sentait même l’encens dans la salle. Un peu plus, je faisais un dread.
Vraiment, Bjork et Devandra en moins de 36 heures, on peut pas rêver mieux.
P.S Ça n’a pas rapport, mais on se souvient de mon stalker au coin de la rue? Il m’a non seulement vu rentrée chez moi, mais il m’a répété qu’il était le mec du coin de la rue. J’ai rien dit et je suis entrée. Ah, non mais, lâchez-moi!
Critique de show sous forme de visualisation
septembre 22, 2007
Imaginez-vous au milieu d’une jungle aux accents médiévaux. Vous attendez fébriles, la venue d’une grande sage qui n’est pas venu vous bénir depuis trois ans (à mon souvenir). Elle arrive enfin et vous lâchez prise, vous absorbez tout ce qu’elle vous dit, ce qu’elle vous donne. Le discours d’une heure et demie se termine dans une sorte de rave post-apocalyptique, comme la dernière fois. Vous revenez dans votre hutte, le corps mort, mais le coeur heureux.
Traduction…
Au Quai Jacques-Cartier ce soir, Bjork, vêtue d’une ô “magnifique” tunique comme seule elle peut le faire et entourée d’un orchestre de jeunes adolescents déguisés, est venue jouer pour mes oreilles et celles de plusieurs centaines de personnes. Son apparition m’a ramenée directement à mon enfance et à mon émerveillement pour le sapin de Noël. La même admiration, le même bonheur qui m’envahit.
Elle se promène d’albums en albums, nous livre un “Earth Intruders” avec du feu, une “Joga” avec cuivres, un “I miss you” que j’avais oublié, un “Army of me” complètement m-a-l-a-d-e, une “Hyperballad” explosive, une finale en “Pluto” comme la dernière fois. Mais le bout de toutttte, comme dirait Matante Yvonne, c’était “Declare independance” en finale. Oh my, oh my… Crier “Declare independance, raise your flag, higher higher!!!” en plein Montréal, on ne peut pas faire plus approprier. C’était juste trop fou.
Le visuel était encore une fois à se lancer contre un mur, surtout vers la fin où chaque chanson devenait propice à créer un immense rave (malheureusement, je crois que les gens ne se laisseront jamais aller à de la danse en transe). Il y avait des lasers, des drapeaux de couleur, des déguisements, tout pour distraire mon oeil d’enfant. Et le personnage qu’est Bjork… Une minuscule femme de près de 40 ans (si c’est pas déjà fait) qui chante avec une puissance déstabilisante, qui danse comme une gamine, qui peut nous donner envie de mourir tellement c’est beau.
C’était incroyable. Vraiment incroyable. Je sais pas quel adjectif je pourrais inventer pour décrire ça.
Pour voir les costumes et tenter de se figurer à quoi pouvait ressembler la finale du show…
Et ça, c’est juste que je me suis rappellée les Yeah Yeah Yeahs qui avait fait la première partie de Bjork la dernière fois et que mon frère m’a envoyé le lien de ce vidéo et putain que c’est bon. Ce groupe, c’est de la bombe. Quelle drôle d’expression…
Encore une fois…
septembre 21, 2007
Quand ton boulot fait un 5 à 7 et qu’ils annoncent que le bar est désormais open, tu ne te poses pas de questions, tu bois et tu bois, pour oublier la journée folle que tu as eu, le salaire que tu as, les clients bizarres, etc…
Tu finis par contre par être saoûle à 21h, en te disant que tu as du boulot à faire et que la seule chose que tu fais c’est de trouver, ô magnifique, toutes les paroles du dernier disque de Blonde Redhead. Et tu rêves au show de Bjork que tu verras demain. Et tu penses à ton shoot de dimanche. Et tu penses à l’Espagne. Et tu penses au vin que tu as bu. Et tu penses aux bouchées de bison que tu as mangé. Et tu repenses à cette chanson de Blonde Redhead qui te laisse béate d’admiration à chaque fois.
La musique et l’alcool sont officiellement deux très bonnes raisons de ne pas travailler.
On se rappelle aussi qu’on adore Miranda July, alors on aime le vidéo juste pour ça.
mon bras est mort
septembre 20, 2007
Début de journée tranquille incluant abus de café en bonne compagnie dans un resto où les abeilles boivent à même les cups de sirop d’érable (et où nous les tuons sans gêne).
Fin de journée folle incluant prises de photos (défilé, stars, public, verres de vin), retrouvailles (si je trouve pas d’où je te connais, je vais devenir dingue), nouvelles rencontres enrichissantes (wow, une styliste, wow, une mannequin, wow, une agence de recrutement de mannequins). Près de cinq heures, la caméra à la main. Je peux vous dire que mon bras gauche va rendre l’âme et que le droit menace de se détacher de mon corps.
En plus, j’ai maintenant en main le look-book de la collection été 2008 de Station 8, le joli catalogue dont j’ai fait les photos. Joie et allégresse, il est tout mignon!
Maintenant, dormir sinon je vais exploser demain au boulot.
Le courage est back-order
septembre 19, 2007
Je viens d’user de ma dernière dose de courage pour écrire un mail à un homme dont j’admire le travail et dont j’ai enfin déniché l’adresse email après un an de recherches infructueuses.
C’est ma première proposition d’assistanat, ce qui est en semble la chose la moins logique à faire quand tu prévois foutre le camp du pays dans le mois qui suit, mais bon, quand ça fait un an que tu cherches de quoi, tu ne repousses pas plus loin le moment d’agir, non?
À suivre…