Je touche du bois

mars 21, 2008

J’ai un lot incessant de bonnes nouvelles ces temps-ci. Je pense me promener avec une bûche dans la sacoche juste pour pouvoir en tout temps toucher du bois.

Plus ça va, j’ai l’impression que je n’ai plus grand chose à dire. Ma vie se limite au boulot sur contrats, à la gestion de factures, à travailler de temps à autre à mon ancien boulot (pour couvrir les temps d’attente des dites-factures). Je retouche, je shoote, je scanne, je commence des projets, je rêve du printemps, je pense à des trucs pas intéressants comme quels sortes de tomates je pourrais mettre dans mon futur jardin.

Je tente de faire des trucs plus personnels en photo mais en même temps, je ne sais plus trop comment illustrer mes idées, je tente de mettre un peu plus de moi dans mes photos. Je suis en somme assez heureuse, j’ai eu de mauvais bouts en début d’année et j’ai fini par les placer.

Et je sais pas, faut croire que si on écrit moins, ça veut dire qu’on va mieux peut-être. Même si j’ai passé je ne sais plus combien d’heures devant mon ordi et que je pourrais écrire tout ce qui me passe par la tête, mais j’ai rien de vraiment incroyable à raconter.

Je peux vous dire que j’écoute le dernier Portishead comme une mauvaise fille (soit avant le temps), je pourrais vous dire que j’ai envie de troquer ma peau contre celle de Sophie Calle, je pourrais vous dire que je veux aller voir l’expo de Pascal Grandmaison la semaine prochaine et un jour finir par lui dire que je l’admire, je pourrais vous dire que j’ai envie de partir en voyage ou en road-trip même si je sais pas conduire.

M’enfin, tout ça pour dire que j’écris moins, mais au moins je vais bien ce qui est en somme une bonne chose, non?

Lundi au boulot

mars 17, 2008

L’avantage de travailler chez soi :  la proximité d’une machine à espresso, boire une bière sur son lieu de travail et écouter sa musique trop fort en chantant par-dessus très fort aussi.

Vu de l’extérieur, ça doit être beau :  une fille devant son ordi qui gueule à s’en fendre le poumon en retouchant des photos de femme enceinte….

Le marché Jean-Talon

mars 15, 2008

J’aime ça aller au Marché Jean-Talon, non seulement parce que je me gave de tout ce qu’on y retrouve, mais c’est le bonheur de me promener et de saluer les gens du marché que j’ai fini par connaître puisque je connais plusieurs personnes qui y ont travaillé. Je me sens comme une fille jet-set du monde des fruits et légumes. Je jase avec une amie en faisant une importante transaction de courgettes, ça n’a pas de prix.

Et à chaque fois, immanquablement, tellement que ça en est ridicule, je tombe en amour avec Jérôme Minière que je crois à chaque fois que j’y vais. Bon, pas en amour, mais j’aime tellement le travail de cet homme et aussi, je le trouve trop charmant. J’imagine mal la scène si devant l’étalage de vins espagnols, je l’aurais arrêté dans sa discussion pour lui dire ” Vous avez changé ma vie, Monsieur Minière avec l’album La nuit éclaire le jour qui suit“. Ce sont un des premiers textes qui ont changé ma manière de concevoir l’écriture. Et là, il aurait été gêné, j’aurais été gênée et j’aurais pris la bouteille la plus chère à porter de main sans m’en rendre compte.

Évidemment, dans la vie, quand tu joues à la conne et que tu sors souper ailleurs un soir, il y a bien des chances que tu reviennes semi-morte dans ton lit et que le lendemain, ta tête est plus envie de mourir contre un mur que de faire du photoshop, mais… que serait la vie si ce n’était de toutes les choses absurdes dont je peux la remplir?

Alors, si je résume ma soirée d’hier, les mots-clés seraient : Vin, pâtes, musique loungy, vin, bière, limbo, gros beat dance vintage, amarula, mascarpone et chocolat, cigare et re-amarula.   Pour le retour à la maison, j’ai pu constater que la rue St-Laurent regorgeait de jeunes gens qui couraient en t-shirt pour une sorte d’initiation douteuse.  Bravo, clap, clap.

Ce qui m’attendait ce matin outre un délicieux déjeuner entre amis, c’était du photoshop sans fin.  Groupe de musique de mariage sur fond de photos de femme enceinte doublés de photos de vases.   Sur fond, de “il faudrait bien que je coure après mes factures” et de “mon ordi est encore loadé”, il faut que je grave et que j’archive plein de trucs pour pouvoir travailler dessus.  Résultat?  Je tourne en rond pendant des siècles, à lire mes mails seize fois.

Mais j’ai un nouvel outil pour combattre l’ennui, il s’agit de la compagnie d’un charmant jeune homme : j’ai nommé Saint-Denys-Garneau.   Si j’étais née à la bonne époque, je l’aurais pourchassé nuit et jour.   Mes poètes fétiches étant lui et Prévert, je me suis dit qu’acheter un livre de chacun allait m’inspirer des élans de passion.  Vivement les bouquineries! Je suis revenue chez nous avec un vieux livre qui sent bon (qui sent bon le vieux et non qui sent mauvais le vieux) qui regroupe la correspondance entre Garneau et trois de ses potes de l’époque.   Je sais pas pourquoi ça me fascine autant, mais j’adore comment il écrit.  Je suis sur le bord de manger mon livre tellement je trouve ça fabuleux mais compte tenu que je ne connais pas l’origine du livre, je vais m’abstenir.  M’enfin.  J’adore cet homme, il aligne les mots d’une manière fabuleuse.

Bref, je suis éparpillée aujourd’hui.  Ah, et j’ai fait ça  pour me divertir. comaweb.jpgUn homme est mort, tué par un mime.

Parfois, j’ai des spasmes photographiques à des heures pas normales.  Ça fait que je me retrouve avec comme seul modèle moi-même.   Ça fait ressortir la défunte comédienne en moi, j’imagine.  Mais bon, il y a une exploration derrière ça en prévision d’un vrai shoot avec des gens autres que ma personne.  Mais comme je vous ai pas nourris en images depuis des siècles, je vous la montre.tired1web.jpgP.S  Je suis pas sur le bord de la mort, de la déprime etc…  Inquiétez-vous pas.

Hier, il y a eu une suite d’évènements louches chez nous.  Oui, c’est vrai, il y avait un party, de l’alcool et des gens sous influence de l’alcool.  Il y a eu des danses louches, des regards séducteurs, des dessins sur des poitrines, des fausses moustaches, du crémage (ok, j’ai eu du crémage sur moi), de jolis jeunes hommes, du making-out, des menottes, un lit semi-brisé, des retrouvailles, du flattage, de la danse.  Un party comme les autres, bref…  En tout cas, comme les autres dans mon monde.  J’ai fini la soirée un peu traumatisée, mais ô combien divertie.

Je me suis réveillée ce matin et j’ai découvert que j’avais un fan club sur Facebook, ce qui est une des choses les plus drôles de ma semaine.  “Ce groupe a pour unique fonction de vouer un culte à Julie…” J’ai vraiment de merveilleux et dévoués amis.

Et aussi, les bonnes nouvelles de vie déferlent sur moi, les possibilités se garochent toutes devant moi en scandant des slogans accrocheurs.

J’en arrive presque à oublier ce début de mal d’oreilles doublé d’une voix digne d’une émission radio érotique (j’exagère un brin peut-être) qui m’assaille.

Une semaine, ça va plus ou  moins, l’autre ça va si bien, et ça continue comme ça.

Alors, la bonne nouvelle de cette semaine.  Ça concerne Creature évidemment…  De un, j’ai assisté à un show incroyable, j’ai dansé en accrochant la caméra vidéo avec ma caméra tout court et je continue de danser grâce à leur album.  Les voir en show a fait de moi, une fille vendue à leur cause.  Peut-être que j’ai juste envie de danser, mais est-ce mal de vouloir danser sans fin?  Non, je ne crois pas.

Et aussi, j’ai eu plein de compliments pour mes photos et je me dis que tu peux être heureuse quand Cowbella, la chanteuse en suit rose, te dit “you are an amazing photographer” en te serrant dans ses bras en guise de gratification.

Et il y a plein d’autres choses qui se trament, je suis éblouie par la chance!  Même si des fois je dis le contraire, mais sachez que je mens : je suis vraiment vraiment chanceuse dans la vie.    Et là, ça va bien.   Et j’écoute Creature en agitant mes bras dans tous les sens (ce qui est mieux que de faire un beat sur un poteau de métro comme je fais toujours en tentant de m’imaginer que je suis musicienne).

Pas de sommeil

mars 5, 2008

Demain soir, en fait ce soir, mercredi soir, bref, je serai au lancement de l’album “No sleep at all” de Creature, vous savez ce groupe qui est partout cette semaine.

Et oui, demain, je danse all night long!

Et oui, je suis en exil, là où le vin coule avec le poulet au four.  Là où le café m’attend au matin avec le soleil qui se lève.  La grosse vie sale. juste pour moi.  bref.

 Si on me demande, as-tu été à la Nuit Blanche, je répondrai que je me suis retrouvée dans le métro sans trop m’en rendre compte en me disant pourquoi pas.  C’est justement pour ça que nous avons fini séquestrés dans le Vieux-Port, devant un train du CN, à côté d’un couple qui se frenchait abusivement, à éviter les boules de neige qui ont commencé à se faire lancer entre le clan sud et nord du train.  J’ai eu plein de compassion à l’égard de nos amis allemands dans le temps du Mur de berlin quand le train s’est immobilisé, que les gens ont commencé à grimper sur le train pour traverser, au moment où je marchais difficilement dans la neige pour trouver la queue du train, marcher sur les rails enneigés et enjamber une barrière pour atterir l’autre côté de la rue.  ma Nuit Blanche se fut ça : une esquisse rapide de la guerre allemande.

Sinon, je dois résoudre l’énigme du mécène secret qui met de l’argent dans mon compte en banque, je dois aussi cesser de parler à certains inconnus de manière frénétique, je dois préparer mes moves de danse pour le lancement de Creature au National mercredi, je dois écrire ma vie, composer un hymne national, nourrir des orphelins, trouver mes chakras, faire le tour du monde, cesser d’écouter des documentaires mettant en vedette le truc qui joue dans mon ami Willy ET des éléphants de mer.

faut aussi que je dorme.