Mes anciens amours photographiques
mai 10, 2008
J’ai commencé à faire de la photo parce que ma cousine m’avait prêté sa caméra Minolta et que bon, je sais pas trop, j’ai décidé de m’en servir. Sans aucune notion de rien, juste un lourd passé d’achats compulsifs de Elle Québec et de Clin d’Oeil tout le long de mon adolescence.
Lors de mon premier cégep, mes amis y sont tous passés, j’ai pris des millions de photos de mon époque cégep de Lionel-Groulx. Je faisais tout, maquillage, coiffure, photos, choix du lieu etc. J’aimais ça. C’était ludique, c’était aussi parfois très cliché, le genre de photos que tu prends quand tu n’as aucune notion technique, que tu trouves le flou beau et les erreurs intéressantes. Par la suite, on apprend à les créer et il existe toujours cette notion de heureux hasard, mais on est plus sévères sur les erreurs en soit.
J’ai appris à développer dans la chambre noire du cégep (pour ensuite me rendre compte que j’imprimais tout croche, mais bon, c’est la vie). J’aimais cette notion d’être plongée dans le noir, une lumière rouge en fond et la radio comme trame sonore. Ça avait quelque chose d’unique. Je savais pas ce que je faisais, mais j’aimais ça. Alors, après un an d’arrêt d’étude, j’ai commencé mes études en photo au Vieux-Montréal.
Pendant mes trois ans, j’ai fait plein de trucs. Apprendre la lumière, apprendre c’est quoi un appareil photo et comment ça fonctionne pour de vrai et toute la technique qui va avec. J’ai fait des trucs que je déteste (corpo, architecture, du grand format pour photographier des objets, du portrait social) et j’ai fait des trucs que j’adorais. Plus ça allait et plus j’ai eu l’impression de perdre mon style d’une certaine manière, les contraintes m’empêchant de faire ce que je voulais et comment je le voulais. Je suis sortie de ma technique morte de fatigue, un brin perdue, ne sachant plus trop ce que je voulais.
J’ai continué à être disquaire, j’ai travaillé de nuit à développer des trucs louches, j’ai travaillé dans un magasin de photo à apprendre tout ce que je ne connaissais pas et à me faire chier avec des clients trop prétentieux, j’ai fait des contrats, je me suis surmenée, j’ai vraiment poussé mon corps et ma tête à bout. Ce que je faisais n’était souvent pas ce que je voulais faire. J’ai donc tout lâché et j’ai foutu le camp en voyage.
Quand je suis revenue, j’avais décidé de cesser de me battre pour des contrats, j’étais pas émotivement assez forte pour vivre avec tout ce que ça engendre. Je me suis dit que j’allais assister et faire mes projets personnels à la place. J’ai quand même dû retourner travailler de nuit et développer des trucs louches et je suis même retournée quelque temps à ce magasin de photo pour faire de la job de clerk. Finalement j’ai eu ma job actuelle. J’avais donc un objectif sur deux d’atteint. Il me manquait que les projets personnels.
En allant voir des expos au MACM et au Belgo, il y avait toujours un mot qui me revenait en tête et qui ne me lâchait pas : simplicité. Les oeuvres les plus réussies sont parfois celles qui sont les plus simples voire épurées. De voir Pascal Grandmaison photographier ses packs Speedotron (des powerpacks utilisés en photo) ou même du papier chiffonné et de trouver ça beau, ça m’a fait réalisé à quel point il ne faut pas tout le temps se prendre la tête. Ce qui est beau est souvent devant soi.
Depuis le début de l’année, je cherchais donc cette simplicité, je cherchais un sens à ce que je faisais. Parce que malgré que je shootais, je trouvais mon travail incohérent. Mais dans une illumination de lendemain de brosse assez mémorable, alors que j’errais dans ma chambre d’hôtel à Québec, j’ai trouvé cette espèce de colle qui fait tenir tous les morceaux ensemble, j’ai réussi à semi-verbaliser ce que je voulais faire comme photo. Et à partir de ce moment-là, tout se tenait dans ma production personnelle.
Depuis, j’ai envie de shooter pour de vrai. Comme j’ai toujours aimé faire. Pour moi, broche à foin, avec de la technique mais tout de même broche à foin. J’ai eu envie de retourner là, à cette espèce de croisée de chemin qui m’avait lancée sur autre chose qui ne me représentait plus vraiment. Je sens que pour la première fois depuis longtemps, je fais des choses qui me ressemblent.
Pour son cadeau d’anniversaire, j’ai offert à mon amie Sarah un shooting. Hier, on a fait ça toute la journée. Comme avant, j’ai tout fait, de la coiffure à la retouche, je me suis amusée comme une gamine. On a shooté de la fausse mode à l’extérieur. Ça faisait longtemps que j’avais pas fait un shoot comme ça, comme quand je savais pas comment utiliser ma caméra et que la seule chose que je pouvais faire, c’était trouver un bon sujet et un bon lieu. C’était simple et ça a donné des résultats que je trouve vraiment intéressant.
Tout ça (c’est tellement long comme post) pour dire que je me suis perdue photographiquement et que je crois m’être retrouvée et ça fait du bien de sentir que je marche dans le bon chemin (et pas tout croche telle une fille saoûle dans une pente à Québec, quel bel exemple…)
Voici donc un aperçu du shoot d’hier, vous finirez bien par voir mes talents de coiffeuse et le bout du nez à Sarah.

mai 10, 2008 à 9:57
dire que ma fete est le 20 juin!
mai 10, 2008 à 10:05
oui, la simplicité, ça fait toujours du bien
mai 12, 2008 à 3:06
je suis décue que tu n’es pas fait un post sur mon cadeau de fête!
xxx
mai 12, 2008 à 10:38
Puis-je mettre mon nom sur les shootings cadeaux de fêtes?